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Japon

Le récit d’une journée cauchemardesque au cœur du typhon » !

septembre 06, 2018
japon

 

Depuis le 29 août, les autorités japonaises avait annoncées l’arrivée du plus grand typhon de ces 25 dernières années sur Osaka : Jebi.

La veille de l’arrivée du typhon, les autorités avaient prévenu que les métros, trains et bus s’arrêteraient de fonctionner à partir de midi le mardi 4 septembre. Mes amis japonais attendaient de savoir si leur entreprise allaient leur laisser la possibilité de rentrer chez eux pour être à l’abri ou allait les obliger à travailler.

Mardi matin, je me réveille comme à mon habitude à 8 heures. Le ciel commence à se couvrir. Je descends au bar de l’auberge où je dors pour prendre un café. Je travaille sur les photographies que j’avais prises ces derniers jours dans les environs de Kyoto à Arashyiama (La Montagne des Tempêtes). J’étais resté un moment près de la rivière Hozu pour prendre des photographies du pont Togetsu-Kyô (Pont que Traverse la Lune).

Je regarde par la fenêtre du bar, les premières gouttes commencent à tomber. Les Japonais, très prévoyants, sortent leur parapluie.

11h. Le vent se lève. Les feuilles des arbres volent dans le ciel. Je vais chercher de quoi manger pour midi au supermarché avant que la situation empire.

11h30. De plus en plus de voitures sur la route. Les gens semblent avoir voulu tous rentrer chez eux au même moment. Les vélos vont à toute vitesse pour se mettre à l’abri avant que le vent s’amplifie.

12h. Je suis au bar à côté de la fenêtre, je reprends mon travail sur l’ordinateur tout en gardant un œil de l’évolution de la situation. J’envoie un message à chacun de mes amis japonais. Ils sont tous rentrés chez eux, sauf une très bonne amie qui a un rendez-vous avec son chef.

Préoccupé par la situation, je laisse de côté mon ordinateur. Mon regard figé sur l’extérieur. J’en oublie de manger. Le ciel s’obscurcit. Les lampadaires s’illuminent dans la rue. La pluie s’intensifie et fouette la route. Les caniveaux débordent déjà avant même le début du typhon.

J’envoie un message à mon amie, elle a été retenue par son chef jusqu’à 13h20 alors que le pic du typhon était à 14h. Elle prend sa voiture et rentre chez elle pour 13h50. Toujours dans le bar, je suis avec un Espagnol et trois Américains. Le silence et quelques morceaux de métal résonnent sur le sol. Les poubelles s’envolent, les panneaux de signalisations tombent sous la force du vent. Des rafales de vent de plus en plus forte.Le typhon arrive à peine.

Un scooter solitaire perd l’équilibre sur la route juste devant le bar. Avec mon ami espagnol, nous sortons pour l’aider à se relever. Nous lui proposons de se réfugier dans le bar, mais celui préfère poursuivre sa route. Nous sommes dehors et nous devons faire attention aux branches et aux bouts métalliques, mais nous devons également être vigilant aux grands panneaux de signalisations qui volent dans le ciel avec une trajectoire aléatoire.

Nous rentrons dans le bar. Heureusement que les vitres sont adaptées pour les typhons. Une vitre classique aurait sans doute déjà explosé sous le choc des projectiles. Je regarde mon téléphone, et je lis plusieurs messages de mes amis japonais apeurés par la situation. Eux qui pourtant ont l’habitude de vivre plusieurs typhons par an, sont surpris par la puissance de celui-ci.

14h10. Un arbre tombe sur le trottoir à 20 mètres du bar. Un homme marche dans la rue en se protégeant avec sa mallette. Cet inconscient ne regarde pas devant lui et ne réalise pas qu’une pancarte publicitaire vole dans sa direction.

Nous ouvrons la porte du bar, les menus s’envolent et nous l’attrapons par la chemise pour le tirer à l’intérieur. C’était un Japonais d’une cinquantaine d’année qui était en train de chercher son portefeuille qui s’était envolé. Il veut ressortir mais on le force à rester à l’intérieur.

14h15. Nous baissons la grille du bar et nous demandons à tout le monde de s’éloigner des vitres. Les fenêtres tremblent. Le bruit continue du vent est entrecoupé par les chocs de projectiles diverses sur les fenêtres. Avec mon ami espagnol, nous montons au troisième étage pour voir comment évolue la situation. Les câbles électriques et les arbres sont arrachés.

Impuissant et inexistant face à la Nature

Surpris et pris à vif par la puissance de ce typhon, nous restons tous silencieux à écouter le brouhaha sourd et stressant de cette tempête. 45 minutes. 45 longues minutes. Nous essayons de faire quelques blagues pour apaiser la nervosité ambiante.

15h30. Le vent diminue enfin, mais la pluie persiste. Le typhon n’aura duré un peu plus d’une heure, mais cela aura suffit pour faire des dégâts considérables.

16h00. Nous pouvons enfin sortir. Nous marchons 200 mètres autour du bar. Sept arbres arrachés, cinq vélos au milieu de la route que l’on s’empresse de ramener sur le trottoir, le toit d’un hôtel envolé, la façade d’un restaurant décroché, un temple Shintoïste détruit et de nombreux débris répartis sur le sol.

Les premières personnes commencent à sortir des immeubles. Chacun ramasse ce qu’il peut sur la route pour le mettre de côté. Un geste simple et solidaire que tout le monde réalise dans le respect de la communauté et du bien commun.

18h. Je quitte mon quartier pour rejoindre une amie japonaise chez elle qui est toujours sous le choc du typhon. Les métros reprennent du service. Je traverse la ville, je constate que chaque rue et ruelle a été touché par le typhon.

Des toits entiers ont été arrachés, des immeubles effondrés et des voitures retournées. J’arrive chez mon amie. Les informations annoncent que l’aéroport international de Kansai est inondé et que les personnes présentes dans l’aéroport ne peuvent pas partir car un bateau s’est échoué sur le pont connectant l’aéroport au reste de la ville.

20h. Les sirènes n’arrêtent pas de retentir dans la ville.

Le jour suivant, nous pouvions entendre en continu les sirènes des pompiers et des ambulances. Les services de la ville commencent à réparer les dégâts et à nettoyer les rues. Beaucoup de dégâts matériels, mais sans aucune importance en comparaison aux onze vies que ce typhon a emportés.

Jeudi 6 septembre, 15h47. Je suis au bar à la place où j’étais assis juste avant le typhon pour écrire cet article. Sur le trottoir de gros débris attendent encore d’être retirés par les services de nettoyages.

Les arbres tombés ont été tronçonnés et enlevés. Je regarde cette rue d’Osaka que j’ai pris l’habitude d’emprunter ces deux derniers mois. Le paysage est différent, mais je sais qu’avec le temps Osaka se relèvera de cette nouvelle catastrophe.

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Article rédigé par notre ambassadeur NOHO TRAVELS

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